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BlogCréation de sites8 min de lecture

Comment choisir une agence web

Les critères qui comptent, les trois questions à poser avant de signer, et les cas où la bonne décision est de ne prendre personne.

Par Kevin Cossais, Fondateur d’Orge Digital

En résumé

  • Le premier tri se fait sur votre besoin, pas sur les prestataires : sans périmètre défini, deux devis ne sont pas comparables.
  • Trois questions suffisent à trier : à qui appartient le site, ce que vous pourrez modifier seul, et ce qui se passe après la mise en ligne.
  • Quatre postes disparaissent régulièrement des devis : le contenu, l’hébergement, la maintenance et le référencement.
  • Une garantie de première place sur Google est soit un mensonge, soit une promesse sur une requête que personne ne tape.
  • Parfois la bonne réponse est de ne rien acheter : si vos clients vous cherchent par métier et par commune, la fiche Google décide avant le site.

Vous avez trois devis sur le bureau. L’un est deux fois plus cher que les autres, un autre promet la première place sur Google, et vous n’avez aucun moyen de savoir lequel dit vrai. C’est la situation normale : personne n’achète assez souvent un site pour savoir comment on en achète un.

Ce guide donne les critères qui comptent, les questions qui font tomber les masques, et les cas où la réponse est de ne prendre personne. Je crée des sites, donc j’ai un intérêt dans cette histoire : c’est précisément pour ça que je vais aussi vous dire quand vous n’avez besoin de rien.

Avant de choisir une agence, sachez ce que vous achetez

Le premier tri ne se fait pas entre les prestataires, il se fait sur votre besoin. Un site de cinq pages avec un formulaire de contact et une boutique avec des stocks, des créneaux de retrait et des paiements, ce ne sont pas deux tailles du même produit : ce sont deux métiers.

Tant que ce point n’est pas tranché, les devis que vous recevez ne sont pas comparables. Chaque prestataire aura deviné un besoin différent, et l’écart de prix que vous prenez pour une différence de marge est souvent une différence de périmètre.

Vous n’avez pas besoin d’un document de trente pages. Il vous faut savoir ce que le site doit faire, à qui il parle, et ce qui doit se passer quand quelqu’un le quitte. J’ai écrit les huit sections à préparer pour cette étape, et elle vaut d’être faite même si vous ne me contactez jamais.

Agence, studio, freelance : trois modèles, trois fonctionnements

Ces mots ne sont pas protégés, et ils recouvrent des réalités très différentes. Ce qui change concrètement, c’est le nombre de personnes entre vous et celle qui écrit le code.

L’agence

Une équipe, avec des métiers séparés : commercial, chef de projet, graphiste, développeur. Vous parlez rarement à la personne qui construit. C’est un défaut quand le projet est simple, et une qualité quand il ne l’est pas : plusieurs spécialités travaillent en parallèle, et si quelqu’un part, le projet continue.

L’agence est le bon choix pour un projet large, qui mêle plusieurs métiers, ou quand votre entreprise a besoin d’une garantie de continuité sur plusieurs années.

Le studio

Une ou deux personnes, qui font le travail elles-mêmes. Vous parlez directement à qui construit, les décisions sont rapides, et le prix ne porte pas de structure. En contrepartie, la disponibilité dépend d’une seule personne, et un projet très large dépasse sa capacité.

Le freelance

Un indépendant, souvent spécialisé sur une seule compétence. C’est économique et souple, mais si votre projet demande du design, du développement et du référencement, il faudra coordonner plusieurs personnes vous-même, et cette coordination est un travail.

Trois chaînes de cercles reliés, de la plus longue à la plus courte : cinq intermédiaires, puis trois, puis un lien direct entre deux cercles turquoise
Ce qui change vraiment d’un modèle à l’autre : le nombre de personnes entre vous et celle qui écrit le code.

Les six critères qui comptent vraiment

Le design n’est pas dans cette liste, et c’est volontaire. Il se juge sur les réalisations, et c’est le critère que tout le monde regarde déjà. Les six suivants sont ceux qu’on découvre trop tard.

  • Qui code réellement. Demandez le nom de la personne qui va travailler sur votre projet. Une partie du marché sous-traite sans le dire, parfois à l’étranger, ce qui n’est pas un problème en soi mais change tout à la réactivité et à la reprise.
  • Ce que vous pourrez modifier seul. Changer un prix, ajouter une photo, corriger un horaire. Si chaque modification suppose un appel, votre site sera faux dans un an.
  • À qui appartient le site. Le nom de domaine, l’hébergement, le code. Demandez ce qu’il reste si vous partez, et faites-le écrire.
  • Ce qui se passe après la livraison. Un site neuf n’apporte aucun client le premier jour : il faut que Google le trouve, le comprenne et décide de le montrer. Si personne ne vous parle de cette période, le projet s’arrête à la mise en ligne.
  • Comment le prix est construit. Un devis d’une ligne ne se compare à rien. Le détail ligne par ligne est la seule façon de voir ce que chacun a compris de votre besoin.
  • Les références vérifiables. Pas des captures d’écran : des adresses de sites en ligne, que vous pouvez ouvrir et dont vous pouvez appeler les propriétaires.

Les trois questions à poser avant de signer

Aucune n’est technique. Vous pouvez les poser sans rien connaître au web, et les réponses vous en diront plus qu’un devis détaillé.

À qui appartient le site, et comment je le récupère ?

Certaines formules à petit loyer mensuel s’arrêtent le jour où vous cessez de payer, et il ne reste rien : ni le site, ni parfois le nom de domaine. Ce n’est pas illégal, c’est rarement dit à voix haute. La bonne réponse tient en une phrase : tout est à votre nom, et vous partez avec.

Qu’est-ce que je peux modifier moi-même ?

Demandez une démonstration, pas une promesse. Faites-vous montrer l’écran où l’on change un texte. Si la réponse est « on s’en occupe pour vous », traduisez par « vous ne pourrez rien changer », et demandez le prix d’une modification.

Qu’est-ce qui se passe après la mise en ligne ?

C’est la question qui trie le plus vite. Un prestataire qui a une réponse construite vous parlera d’indexation, de contenu à ajouter, de suivi des positions. Un autre vous dira que le site sera « optimisé SEO », ce qui ne veut rien dire.

Comment lire un devis, ligne par ligne

Les écarts de prix entre deux devis viennent rarement de la marge. Ils viennent de ce que chacun a inclus, et de ce qu’il a laissé dehors en comptant sur votre distraction.

Quatre postes disparaissent régulièrement des devis :

  • Le contenu. Qui écrit les textes et fournit les photos ? Si c’est vous, c’est du travail, et c’est la première cause de projets qui traînent.
  • L’hébergement et le nom de domaine. Quelques dizaines d’euros par an, mais il faut savoir qui paie, à quel nom, et ce qui se passe au renouvellement.
  • La maintenance. Mises à jour, sauvegardes, surveillance. Un site laissé sans maintenance devient une porte ouverte au bout de quelques mois.
  • Le référencement après la livraison. C’est un travail mensuel, pas une case à cocher à la construction.
Schéma d’un devis dont les six premières lignes sont pleines et les quatre dernières restent en pointillés turquoise, réunies par une accolade
Les quatre postes qui manquent le plus souvent, et qu’il faut réclamer ligne à ligne.

Pour situer les ordres de grandeur du marché et voir comment un prix se décompose, mes tarifs sont publics, avec ce que chaque ligne comprend.

Les cinq signaux qui doivent vous faire fuir

  • « Première place sur Google garantie. » Personne ne contrôle le classement de Google, et Google lui-même le rappelle. Une garantie de position est soit un mensonge, soit une promesse sur une requête que personne ne tape.
  • Un devis sans détail. Un montant global sans décomposition empêche toute comparaison, et c’est souvent l’objectif.
  • Aucune réponse claire sur la propriété. Si la question du nom de domaine embarrasse, vous avez votre réponse.
  • Le paiement mensuel présenté comme un achat. Louer un site est un choix défendable si on vous le dit. Le problème est quand vous croyez acheter.
  • Un interlocuteur qui ne pose aucune question. Quelqu’un qui vous chiffre un site sans avoir compris votre activité chiffre un gabarit, pas votre projet.

Quand vous n’avez pas besoin d’une agence

Cette section manque dans à peu près tous les guides sur le sujet, et la raison est simple : ils sont écrits par des agences. Voici trois situations où la bonne décision est de ne rien acheter tout de suite.

Votre besoin tient dans une fiche Google

Si vos clients vous trouvent en tapant votre métier et le nom de votre commune, ce qui décide n’est pas votre site : c’est le bloc de trois fiches avec la carte, tout en haut. Il se nourrit de votre fiche Google et de vos avis, pas de votre site. Une fiche bien tenue, des horaires justes et cinq avis récents feront plus pour vous, cette année, que n’importe quel site. Et c’est gratuit.

Votre budget ne permet pas de faire les choses correctement

Un site fait à moitié coûte deux fois : une fois pour le faire, une fois pour le refaire. Si le budget disponible oblige à sacrifier le contenu, le référencement ou la maintenance, il vaut mieux attendre un trimestre que produire une vitrine que personne ne visitera.

Votre projet est encore trop flou pour être chiffré

Si vous ne savez pas encore à qui vous vous adressez ni ce que le visiteur doit faire, aucun prestataire ne peut vous répondre autrement qu’en devinant. Un devis obtenu à ce stade est une fiction, et il sera révisé.

Questions fréquentes

Combien coûte une agence web ?
Les écarts sont considérables, et ils tiennent surtout au périmètre : un site vitrine et une boutique avec des paiements ne se comparent pas. Le seul moyen de savoir ce que vous payez est d’exiger un devis détaillé ligne par ligne. [Mes propres tarifs sont affichés](/tarifs), avec ce que chaque ligne comprend.
Faut-il choisir une agence près de chez soi ?
La proximité géographique compte moins que la disponibilité. Ce qui aide vraiment, c’est de pouvoir se voir au démarrage et d’avoir quelqu’un de joignable ensuite. Un prestataire à trente minutes qui répond dans la journée vaut mieux qu’un voisin injoignable.
Comment vérifier les références d’une agence ?
Demandez des adresses de sites en ligne, pas des captures d’écran. Ouvrez-les sur votre téléphone, regardez s’ils sont rapides, et vérifiez qu’ils existent encore. Vous pouvez aussi appeler un ou deux propriétaires : la plupart répondent volontiers.
Combien de temps faut-il pour créer un site ?
Cela dépend beaucoup plus de votre disponibilité que de la technique. Les projets qui traînent attendent presque toujours des textes ou des photos, pas du code. Demandez un délai écrit, et demandez ce qui le ferait glisser.
Peut-on changer d’agence en cours de route ?
Oui, si le site vous appartient et si vous avez les accès. C’est exactement pour cette raison que la question de la propriété se pose avant de signer, et pas le jour où l’on veut partir.
Une agence peut-elle garantir la première place sur Google ?
Non. Personne ne contrôle le classement de Google, qui change en permanence et dépend de ce que font les autres. Une garantie de position porte soit sur une requête que personne ne tape, soit sur rien.