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Créer un site internet : le guide complet

Neuf étapes pour créer un site internet, du nom de domaine à la mise en ligne, et la question que les autres guides évitent : faut-il le faire soi-même ou le faire faire ?

Par Kevin, Fondateur d’Orge Digital

En résumé

  • La vraie première question n’est pas technique : la faire faire ou la faire soi-même se décide sur la fonction du site, pas sur le budget.
  • L’arborescence et les textes décident du résultat. Le design les met en valeur, il ne les remplace pas.
  • Une page par service, et non une page qui les liste tous : c’est le conseil le plus rentable et le plus souvent ignoré.
  • Comptez 1 500 à 5 000 € HT chez un indépendant, 3 000 à 15 000 € en agence, plus le domaine et l’hébergement.
  • Le nom de domaine s’achète à votre nom, quoi qu’il arrive.

Créer un site internet n’est pas un problème technique. C’est une suite de décisions, dont une seule compte vraiment, et elle se prend avant d’ouvrir quoi que ce soit : allez-vous le faire vous-même, ou le faire faire ?

Ce guide répond aux deux cas. Je construis des sites pour vivre, donc j’ai un intérêt dans la réponse, et autant le dire tout de suite. C’est aussi pour ça que je vous donnerai des critères plutôt qu’une conclusion.

Faire soi-même ou faire faire

La plupart des guides que vous trouverez sur cette question sont écrits par quelqu’un qui vend la réponse. Les plateformes concluent qu’on peut le faire seul, parce qu’elles vendent un abonnement mensuel. Les agences concluent l’inverse, pour des raisons symétriques. Voici les critères, vous conclurez vous-même.

Le faire vous-même a du sens si

  • Votre budget total est inférieur à 800 euros. En dessous, un prestataire sérieux ne peut pas travailler, et un prestataire qui accepte ce prix vous livrera un gabarit rempli à la va-vite.
  • Votre site n’a pas à ramener de clients. Une carte de visite en ligne pour rassurer ceux qui vous cherchent par votre nom suffit largement.
  • Vous avez du temps et l’envie d’apprendre. Comptez trente à cinquante heures pour un premier site correct, apprentissage compris.
  • Votre activité est en train de se définir. Un site qu’on refera dans six mois ne mérite pas qu’on y mette 2 000 euros aujourd’hui.

Le faire faire a du sens si

  • Le site doit vous amener des clients que vous n’auriez pas eus autrement. Le référencement ne s’improvise pas, et c’est là que se joue l’écart.
  • Votre temps vaut plus cher que la différence. Quarante heures de votre métier valent souvent davantage que l’économie réalisée.
  • Vous vendez en ligne. Une boutique mal configurée coûte des commandes perdues tous les mois, sans que vous sachiez lesquelles.
  • Votre secteur est disputé. Quand vos concurrents ont des sites bien faits, un site moyen ne vous distingue pas, il vous classe.

Si vous concluez qu’il faut le faire faire, l’étape suivante n’est pas de demander des devis : c’est d’écrire ce que vous attendez. Trois prestataires à qui l’on décrit un projet en dix minutes chiffrent trois sites différents, et les devis ne se comparent plus. Le cahier des charges tient en huit sections et se rédige en une heure.

Étape 1 : décider ce que le site doit faire

C’est l’étape que tout le monde saute, et celle qui coûte le plus cher quand on la saute. Un site n’a pas « un objectif » vague : il a une action que le visiteur doit accomplir.

Demander un devis, prendre rendez-vous, appeler, commander, s’abonner. Une seule, en priorité. Si vous ne savez pas laquelle, personne ne saura la deviner à votre place, et le site n’aura ni structure ni bouton principal.

Écrivez-la en une phrase avant toute chose : « Un artisan du secteur trouve ma page, voit trois chantiers comparables au sien, et demande un devis. » Tout ce qui suit découle de cette phrase.

Étape 2 : le nom de domaine

Court, prononçable au téléphone, sans tiret si possible. En `.fr` si votre clientèle est française : c’est un signal géographique que Google prend en compte, et un `.com` ne vous apporte rien de plus sur le marché national.

Comptez 10 à 15 euros HT par an. Achetez-le à votre nom, sur votre propre compte, même si un prestataire s’occupe du reste. C’est la première chose à vérifier dans un devis, et la plus pénible à récupérer quand elle a été mal faite.

Étape 3 : choisir l’outil

La question qui occupe la moitié des guides, et qui compte moins qu’on ne le dit. Trois familles, et la bonne dépend de ce que vous voulez pouvoir faire sans aide.

Les constructeurs en ligne

Wix, Squarespace, Shopify pour la vente. Vous payez un abonnement mensuel, tout est fourni, et vous êtes en ligne en une soirée. En contrepartie, vous ne partez jamais avec votre site : il vit chez eux, et le jour où vous voulez changer, tout est à refaire. Si votre projet est une boutique, les trois solutions possibles sont comparées sur la page création de site e-commerce.

WordPress

La solution la plus répandue, et de loin. Le site vous appartient, l’hébergement coûte quelques euros par mois, et à peu près tout est possible. Le revers est réel : les mises à jour sont votre affaire, et un WordPress abandonné pendant un an devient une porte ouverte.

Le développement sur mesure

Le site est écrit pour votre activité, sans code inutile. C’est ce qui donne les pages les plus rapides et les mieux placées, et c’est aussi le plus cher au départ. Il se justifie quand la vitesse compte vraiment, ou quand une règle métier ne rentre dans aucun gabarit.

Deux versions d’une même page côte à côte : à gauche des blocs gris désordonnés et du texte dense, à droite la même page aérée avec un seul bouton d’action bien visible
La différence ne vient pas du graphisme : elle vient de la structure.

Étape 4 : construire l’arborescence

L’arborescence, c’est la liste de vos pages et la façon dont elles s’emboîtent. Elle se décide avant le design, jamais après, parce qu’elle décide de ce que Google comprendra de votre activité.

Pour un site vitrine, la structure qui fonctionne presque toujours :

  1. L’accueil, qui présente l’activité et oriente vers le reste.
  2. Une page par service principal. Pas une page qui les liste tous : une par service, parce que chacune peut alors se classer sur sa propre recherche.
  3. Une page de présentation, qui dit qui vous êtes. Elle est plus lue qu’on ne le croit.
  4. Les réalisations ou les avis, qui font la preuve.
  5. Le contact, avec un formulaire court.

Cinq à huit pages suffisent au départ. Une page par service vaut mieux qu’une page fourre-tout : c’est le conseil le plus rentable de ce guide, et le plus souvent ignoré. Le détail de ce que contient un site de cette taille est sur la page création de site vitrine.

Étape 5 : écrire les textes

C’est le vrai goulot d’étranglement, et personne ne le dit. La construction technique d’un site vitrine prend une à deux semaines ; les textes, eux, traînent des mois quand personne ne s’en occupe.

Écrivez pour quelqu’un qui ne vous connaît pas et qui compare trois prestataires. Il cherche trois choses, dans cet ordre : est-ce que vous faites ce dont j’ai besoin, est-ce que vous l’avez déjà fait, et combien ça coûte.

  • Une idée par paragraphe. Un pavé de dix lignes n’est pas lu, il est survolé.
  • Des mots que vos clients emploient, pas ceux de votre métier. On cherche « plombier » et pas « expert en solutions sanitaires ».
  • Des chiffres quand vous en avez de vrais : nombre d’années, de chantiers, de villes couvertes. Jamais de chiffre inventé, on les repère.
  • Un prix, même une fourchette. Une page sans prix fait partir la moitié des visiteurs vers un concurrent qui en affiche un.

Étape 6 : le design

Le design vient après la structure et les textes, pas avant. Un beau site sur une mauvaise structure reste un mauvais site, et un design travaillé sur un texte creux ne fait que mieux éclairer le vide.

Trois règles suffisent à éviter l’essentiel des erreurs. Le site se conçoit d’abord pour le téléphone, où arrive la majorité de vos visiteurs. Chaque page porte un bouton principal, visible sans faire défiler. Et deux polices, trois couleurs : au-delà, l’œil ne sait plus où se poser.

Étape 7 : le référencement, pendant et non après

Le référencement n’est pas une prestation qu’on ajoute une fois le site fini : c’est la façon dont les pages sont écrites et construites. Reprendre après coup coûte toujours plus cher que de le prévoir dès l’arborescence.

Ce qui se joue pendant la construction :

  • Une page par intention de recherche, comme décrit à l’étape 4. C’est le point le plus structurant du lot.
  • Un titre unique par page, qui contient ce que les gens tapent réellement.
  • Des adresses courtes et lisibles, décidées une fois pour toutes. Les changer plus tard coûte des redirections.
  • Des images légères et nommées. Une photo de 4 Mo sur un téléphone en 4G, c’est un visiteur perdu.
  • Votre fiche Google, remplie et vérifiée. Pour une activité locale, elle amène souvent plus de contacts que le site lui-même. Le sujet est développé sur la page référencement local et fiche Google.
Trois signaux d’un site en difficulté : une courbe de trafic qui décline, un compteur de vitesse dans le rouge, et un contenu qui déborde de l’écran d’un téléphone
Les trois symptômes qu’un site mal construit finit toujours par montrer.

Étape 8 : vérifier avant de publier

La liste que je passe avant chaque mise en ligne, et qui prend une demi-heure :

  • Chaque page s’ouvre correctement sur un vrai téléphone, pas seulement dans une fenêtre rétrécie.
  • Le formulaire de contact envoie réellement un e-mail, et vous le recevez.
  • Le numéro de téléphone est cliquable sur mobile.
  • Aucun lien ne mène à une page absente.
  • Les mentions légales et la politique de confidentialité existent. Ce sont deux obligations, pas des options.
  • Le site est indexable. Un site livré avec le blocage des moteurs encore actif reste invisible pendant des mois, et c’est plus fréquent qu’on ne l’imagine.

Étape 9 : après la mise en ligne

Un site n’est pas terminé le jour où il est en ligne. C’est le jour où il commence à travailler, et où les trois premiers mois disent ce qui fonctionne.

Installez la Search Console de Google dès le premier jour : elle est gratuite, et c’est la seule source qui vous dise sur quelles recherches vous apparaissez vraiment. Regardez-la une fois par mois, pas tous les jours.

Publiez ensuite. Une page ajoutée par mois, sur une question que vos clients posent réellement, vaut mieux que dix pages écrites en une semaine puis plus rien pendant un an.

Combien coûte un site internet

Les fourchettes qui suivent sont celles du marché français, relevées sur des grilles publiées. Elles varient beaucoup, parce que « un site » ne veut rien dire tant qu’on n’a pas dit combien de pages et quelles fonctions.

  • En le faisant vous-même : de 0 à 300 euros par an, hébergement et domaine compris. Plus trente à cinquante heures de votre temps.
  • Avec un indépendant : de 1 500 à 5 000 euros HT pour un site vitrine. C’est la fourchette la plus fréquente pour une petite entreprise.
  • Avec une agence : de 3 000 à 15 000 euros HT, et bien au-delà pour du sur-mesure complet. La médiane relevée sur le marché français se situe autour de 5 200 euros.
  • Une boutique en ligne : ajoutez à peu près le double, et prévoyez l’abonnement de la plateforme et la commission par vente.

À cela s’ajoutent, dans tous les cas, le nom de domaine (10 à 15 euros HT par an) et l’hébergement (5 à 15 euros HT par mois). Ce sont de petites sommes, mais elles doivent figurer dans le devis : les découvrir après la signature laisse un mauvais souvenir pour trois fois rien.

Si vous voulez chiffrer votre propre projet plutôt que de lire des fourchettes, l’estimateur de budget le fait en deux minutes, sans laisser d’adresse e-mail.

Schéma de redirections : les anciennes adresses d’un site pointent vers les nouvelles par des courbes, une seule ne mène nulle part
Chaque ancienne adresse doit pointer vers celle qui la remplace. Celle qui manque, personne ne la voit avant trois mois.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

  • Commencer par le design. La structure et les textes décident du résultat ; le design les met en valeur, il ne les remplace pas.
  • Ne pas afficher de prix. C’est la première question de tout visiteur, et une page qui l’élude fait partir vers celui qui y répond.
  • Laisser le prestataire enregistrer le domaine à son nom. Le point le plus pénible à rattraper.
  • Refaire un site sans plan de redirections. Des années de référencement disparaissent en une nuit, et personne ne s’en aperçoit avant trois mois. C’est le sujet entier de la page refonte de site internet.
  • Publier puis ne plus rien faire. Un site immobile perd du terrain, parce que les autres avancent.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour créer un site internet ?
Deux à trois semaines pour un site vitrine réalisé par un professionnel, à partir de la validation du devis. En le faisant vous-même, comptez trente à cinquante heures réparties sur un à trois mois selon le temps que vous y consacrez. Dans les deux cas, le délai dépend surtout de la préparation des textes et des photos.
Peut-on créer un site internet gratuitement ?
Oui, sur une plateforme comme Wix ou WordPress.com, avec deux limites : votre adresse contient le nom de la plateforme, et le site ne vous appartient pas. C’est acceptable pour tester une idée, rarement pour une activité qui reçoit des clients. Le nom de domaine seul coûte 10 à 15 euros par an, et il change tout.
Faut-il savoir coder pour créer un site internet ?
Non. Les plateformes et WordPress permettent de construire un site correct sans écrire une ligne de code. Ce qui demande un savoir-faire, ce n’est pas la construction : c’est la structure des pages et le référencement, qui décident si le site est trouvé.
Combien de pages faut-il pour un site professionnel ?
Cinq à huit pour la plupart des activités : l’accueil, une page par service principal, une page de présentation, les réalisations ou les avis, et le contact. Une page par service vaut mieux qu’une page qui les liste tous, parce que chacune peut alors se classer sur sa propre recherche.
Qui doit posséder le nom de domaine ?
Vous, toujours, et sur votre propre compte. Un domaine enregistré au nom de votre prestataire vous rend dépendant de lui : si la relation tourne mal, vous perdez votre adresse, vos e-mails et votre référencement en même temps. C’est la première chose à vérifier dans un devis.
Un site internet suffit-il pour être visible sur Google ?
Pour votre nom et votre métier dans votre commune, souvent oui, à condition que le site soit construit correctement et que votre fiche Google soit remplie. Pour des recherches plus larges et plus disputées, il faut publier régulièrement, et c’est un travail qui se poursuit après la mise en ligne.
Vaut-il mieux WordPress ou une plateforme comme Wix ?
WordPress si vous voulez posséder votre site et pouvoir en changer de prestataire. Une plateforme si vous voulez ouvrir vite sans rien administrer, en acceptant de payer un abonnement à vie et de tout refaire le jour où vous partez. Aucun des deux n’est meilleur dans l’absolu.

Faut-il le faire vous-même ?

Cinq questions, une minute. Le résultat peut très bien vous dire de ne rien acheter.

  1. Votre site doit-il vous amener des clients que vous n’auriez pas eus autrement ?
  2. Combien de temps pouvez-vous consacrer à le construire ?
  3. Vendez-vous en ligne, ou comptez-vous le faire ?
  4. Vos concurrents ont-ils des sites bien faits ?
  5. Quel budget total pouvez-vous y mettre ?

5 questions restantes