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Cahier des charges

Ce qu’il faut écrire avant de demander un devis.

Un cahier des charges n’est pas un document d’ingénieur. C’est la liste de ce que vous savez déjà et que personne d’autre ne peut deviner. Une heure pour l’écrire, et trois devis qui deviennent enfin comparables.

  • Huit sections, pas une de plus
  • Imprimable en un clic
  • Aucun formulaire à remplir

À quoi ça sert

Trois devis qui ne se comparent pas.

Vous consultez trois prestataires. Le premier annonce 1 800 €, le deuxième 4 500 €, le troisième 12 000 €. Vous n’avez aucun moyen de savoir lequel est cher, parce que les trois n’ont pas compris la même chose.

Ce n’est pas de la mauvaise foi. Vous leur avez décrit votre projet en dix minutes au téléphone, chacun a comblé les vides avec ce qu’il avait en tête, et les trois devis chiffrent trois sites différents.

Un cahier des charges supprime les vides. Il ne rend pas votre projet plus ambitieux, il le rend lisible, et c’est ce qui rend les prix comparables.

Par Kevin, fondateur d’Orge Digital

Le document

Huit sections, et l’ordre compte.

Écrivez-les dans cet ordre : chacune s’appuie sur la précédente. Comptez une heure au total, et n’essayez pas d’être exhaustif : un cahier des charges de trois pages qu’on a vraiment écrit vaut mieux qu’un modèle de quinze qu’on a rempli à moitié.

  1. Ce que le site doit accomplir

    Pas « avoir un site moderne ». Une phrase qui décrit un résultat mesurable, et si possible un chiffre que vous suivrez.

    • Recevoir des demandes de devis, quand aujourd’hui tout passe par le téléphone.
    • Rassurer les gens qui vous cherchent par votre nom avant de vous appeler.
    • Vendre en ligne, avec paiement et livraison.
    • Remplacer un site qui existe et qui ne rapporte rien.

    C’est la section la plus courte et la plus importante. Tout le reste en découle, et un prestataire qui la lit sait déjà s’il est le bon interlocuteur.

  2. À qui vous vous adressez

    Décrivez la personne qui vous appelle. Son métier, ce qu’elle cherche, ce qu’elle craint, et surtout la question qu’elle pose toujours en premier.

    Ce paragraphe décide du vocabulaire du site, de l’ordre des pages et de ce qu’on met en avant. Sans lui, on écrit pour vous, et un site écrit pour son propriétaire ne convertit personne.

  3. Les pages, et ce que chacune contient

    Listez-les. Cinq à huit suffisent pour la plupart des activités. Pour chacune, une ligne sur ce qu’elle doit contenir.

    • Une page par prestation, et non une page qui les liste toutes : c’est le conseil le plus rentable et le plus souvent ignoré, parce que chacune peut alors se classer sur sa propre recherche.
    • Une page par commune si vous vous déplacez, à condition qu’elle dise quelque chose de vrai sur cette commune.
    • Une page de présentation, une page de contact, et les réalisations si vous en avez.
  4. Ce que le site doit savoir faire

    Les fonctions, pas les technologies. Vous n’avez pas à choisir entre WordPress et autre chose : c’est le travail du prestataire, et il le fera mieux en sachant ce que le site doit accomplir.

    • Un formulaire, et les champs qu’il doit comporter. Un devis se chiffre ou ne se chiffre pas selon ces champs.
    • Une prise de rendez-vous, un paiement, un espace client, un catalogue à tenir à jour.
    • Plusieurs langues, si vous en avez réellement besoin aujourd’hui et pas « un jour ».
    • Ce que vous devez pouvoir modifier vous-même, sans rappeler personne.
  5. Le contenu : qui l’écrit, qui le fournit

    C’est la section qui fait durer les projets, et celle que les modèles oublient. Un site prêt techniquement attend ses textes et ses photos pendant des semaines, et ce n’est jamais le développement qui a pris du retard.

    • Les textes : vous les écrivez, ou vous les faites écrire ? Dans le second cas, c’est une ligne du devis.
    • Les photos : vous en avez, ou il faut les produire ? Des photos prises au téléphone suffisent souvent, pas toujours.
    • Le logo et les couleurs : ils existent, ou ils sont à créer ?
    • Qui valide, et en combien de temps. Un projet à trois validateurs prend le double.
  6. Le budget

    Donnez une fourchette. C’est la section que la moitié des cahiers des charges laisse vide, dans l’idée d’obtenir un meilleur prix, et c’est un mauvais calcul.

    • Un prestataire qui ignore votre budget propose ce qu’il fait d’habitude.
    • S’il vise trop haut, vous écartez un bon prestataire pour une raison qui n’en était pas une.
    • S’il vise trop bas, vous obtenez moins que ce que vous étiez prêt à payer.

    Dire « entre 2 000 et 4 000 € » ne vous engage à rien et fait gagner deux allers-retours. Les ordres de grandeur du marché sont sur la page tarifs.

  7. Le calendrier

    Une date de mise en ligne souhaitée, et surtout ce qui la motive. « Avant la saison », « pour un salon en mars », « dès que possible » : ces trois réponses n’appellent pas la même organisation.

    Rappelez-vous que la section 5 décide du délai réel. Un site vitrine se construit en deux à trois semaines ; les textes et les photos, eux, prennent le temps qu’ils prennent.

  8. Ce qui se passe après la mise en ligne

    La section que personne n’écrit, et qui coûte le plus cher quand elle manque. Posez les trois questions maintenant, pas dans un an :

    • Qui héberge le site, et à quel nom ? Le domaine, l’hébergement et le code doivent être à vous.
    • Qui met à jour, et à quel prix ? Un site n’est pas un meuble, il se maintient.
    • Que se passe-t-il si vous changez de prestataire ? La réponse doit figurer dans le devis, pas se découvrir le jour venu.

Le devis en retour

Quatre choses qu’un devis doit porter.

  • Un montant ferme, pas une fourchette

    Une fourchette dans un devis n’est pas un devis, c’est une estimation. Le montant signé doit être celui que vous réglerez, et ce qui le ferait varier doit être écrit noir sur blanc.

  • À qui appartient quoi

    Le nom de domaine, l’hébergement et le code. C’est la première chose à vérifier, et la plus coûteuse à découvrir après coup : un domaine au nom du prestataire vous rend dépendant de lui.

  • Ce qui est compris, et ce qui ne l’est pas

    Le nombre de pages, le nombre d’allers-retours de correction, la formation à la prise en main. Un devis qui ne dit pas combien de corrections sont incluses en facturera.

  • Ce qui se passe après

    Hébergement, mises à jour, sauvegardes : à quel prix, et à partir de quand. Ces lignes-là ne sont pas un détail, elles courent pendant des années.

Questions fréquentes

Le cahier des charges, ce qu’on me demande.

Les questions qui reviennent quand quelqu’un s’y met pour la première fois.

Faut-il vraiment un cahier des charges pour un petit site ?

Pour cinq pages, un document de trois pages suffit largement, mais il change tout : sans lui, trois prestataires chiffrent trois sites différents et vous comparez des prix qui ne portent pas sur la même chose. Le vrai bénéfice n’est pas la rigueur, c’est de rendre les devis comparables.

Je ne suis pas technique, comment écrire un cahier des charges ?

Vous n’avez pas à l’être, et c’est même préférable. Un cahier des charges décrit ce que le site doit accomplir, pas comment il sera construit : choisir la technologie est le travail du prestataire. Écrivez ce que vous savez de votre métier et de vos clients, laissez le reste de côté.

Faut-il indiquer son budget dans le cahier des charges ?

Oui, sous forme de fourchette. Le taire pour obtenir un meilleur prix est un mauvais calcul : un prestataire qui ignore votre budget propose ce qu’il fait d’habitude, et vous écartez peut-être quelqu’un de bien pour une raison qui n’en était pas une. Les ordres de grandeur du marché sont sur la page tarifs.

Combien de temps faut-il pour rédiger un cahier des charges ?

Une heure pour un site vitrine, si vous vous en tenez aux huit sections de cette page. Ce qui prend du temps, c’est de vouloir tout prévoir : un document de quinze pages rempli à moitié est moins utile qu’un document de trois pages écrit franchement.

Un cahier des charges engage-t-il juridiquement ?

Le document seul, non : c’est une expression de besoin. Il devient contractuel quand le devis y renvoie explicitement, ce qui est une bonne pratique pour les deux parties. Demandez que votre cahier des charges soit annexé au devis : cela évite les « ce n’était pas prévu » des deux côtés.

Puis-je réutiliser un modèle trouvé en ligne ?

Vous pouvez, mais méfiez-vous des modèles à douze ou quinze sections : ils contiennent des rubriques d’appel d’offres public que personne ne remplit sur un projet de site vitrine, et une section sautée décrédibilise les autres. Les huit de cette page couvrent ce qui sert réellement à chiffrer.

Une fois qu’il est écrit

Envoyez-le-moi, je vous réponds dessus.

Vous avez écrit vos huit sections ? Collez-les dans le message. Je vous réponds avec ce que j’en comprends, ce qui manque, et un ordre de grandeur, avant tout rendez-vous.